C’est dur à dire, mais dans l’ensemble, j’ai été déçu. Pas seulement parce que je suis difficile et exigeant sur ce que doit être un Zelda, mais pour plusieurs raisons qui, peu à peu au fil du jeu, ont eu raison de moi.

Je dois bien reconnaître que je n’ai pas pu y jouer dans des conditions optimales puisque j’ai dû déménager en plein milieu de ma partie, et forcément ça m’a un peu coupé dans l’aventure. Mais ça n’est pas ce qui est en cause dans ma déception.

Je les attends les Zelda, à chaque fois ! Et généralement, à chaque nouvel opus, il y a un truc qui me dérange (ça peut-être l’univers enfantin de The Wind Waker, ou le gameplay de Twilight Princess…) Mais je « m’arrange » toujours pour faire la part des choses, équilibrer la balance, et faire abstraction des détails gênants afin de profiter à fond de l’Aventure.

Mais cette fois-ci, ce sont plus que des détails qui m’ont gênés, et surtout il m’a été impossible d’en faire abstraction. Tout le long du jeu, j’étais rappelé à ces détails énervants, et c’est ce qui a gâché mon trip.

Skyward Sword est le premier Zelda qui m’a saoulé tout le long !  Je grognais en jouant.

Je vais commencer par vider mon sac si vous me le permettez parce que ça fait un moment que j’ai ça sur le coeur, et je n’ai pas grand monde à part vous à qui me plaindre. Et oui : à qui croyez-vous que je peux parler de mes grandes théories sur « ce qui a été perdu au fil des années »,  « ce  que devrait être un Zelda », et sur « ce qui est honteux de la part de Nintendo » etc. J’en ai parlé un peu avec ma chérie, mais il m’en faut plus pour extérioriser cette déception.

Je vais donc commencer par vous expliquer tout ce qui m’a déplu, et puis (quand même) je ferai un paragraphe pour redorer un peu le blason de cet épisode… parce qu’il y a quand même du bon.

Juste avant de commencer à jouer

Evidemment, à la sortie de Skyward Sword, je me suis acheté les deux versions disponibles : la Limited Edition Pack (avec la Wiimote Zelda) et la Special Orchestral Edition. J’avais prévu de garder scellé le pack avec la Wiimote Zelda et de jouer avec la version Orchestral. J’ouvre donc la version Orchestral, je mets le jeu dans ma Wii, et là bien sûr, le système me demande de connecter un Wii Motion Plus…  J’en avais pas, et je ne savais pas qu’il en fallait un. Du coup, j’ai ouvert mon Limited Edition Pack.

Bref j’ai dû ouvrir mes deux versions alors que je  comptais en garder une scellée. Déjà, ça m’a un peu énervé… Mais bon ça encore c’est de ma faute, je l’impute au fait que je commence à vraiment être de l’ancienne génération.

Et puis je m’étais très peu renseigné sur ce Zelda avant sa sortie pour tenter un peu l’effet de surprise. Cela dit quand un jeu nécessite un accessoire supplémentaire, j’aime bien que ça soit signalé clairement afin d’éviter de se retrouver à la maison avec le jeu tant attendu sans pouvoir y jouer. Et là ça n’était pas le cas, il n’y a qu’une toute petite icône parmi d’autres qui mentionne la nécessité du Wii Motion Plus.

Mes premières impressions

J’avais publié un article après quelques heures de jeu, et j’avais déjà commencé à parler du fait qu’il y avait certains aspects qui me dérangeaient. Mais j’étais quand même très optimiste : j’étais dans l’euphorie du début d’un nouveau Zelda. Je pensais que j’allais pouvoir faire abstraction, comme je l’ai toujours fait, des défauts de l’épisode.

Mais assez vite, vers le quart de l’aventure, j’ai compris que cette fois, ça ne serait pas aussi simple. Les éléments incriminés étaient trop présents, et trop pesants.

Le Gameplay : un enfer

Déjà à l’époque, sur Twilight Princess, j’avais eu du mal à abandonner ma bonne vieille manette. La Wiimote et le Nunchuk, ça va pour jouer au Bowling, mais pour un Zelda, ça le fait pas. Mais bon, j’avais réussi à surmonter le gameplay car dans l’ensemble ça fonctionnait plutôt bien, et c’était une première expérience pour un Zelda. Enfin c’était assez bien passé.

Sur Skyward Sword, c’est du sur-fait. Tout est beaucoup trop articulé autour de ce système de mouvement. Et ça rend le jeu désagréable à jouer.

Je pense que ce système de détéction/reproduction des mouvements a l’effet inverse que celui qu’il est censé procurer, à savoir : l’immersion du joueur. Je trouve que l’on est bien plus dans le jeu, en étant posé dans son canapé avec un VRAI pad entre les mains, et en laissant son esprit partir dans le jeu, plutôt qu’en s’agitant devant sa télé pour donner un coup d’épée dans le bon sens, ou en prenant une « pause » spéciale pour tenir correctement la Wiimote afin de nager droit…

Chaque partie du jeu fait penser à un mini-jeu à la Mario Party, j’exagère, mais il y a quand même un peu de ça : par exemple marcher sur une corde au dessus d’un précipice… A la longue ça devient franchement lourd. On a l’impression de faire un mini-jeu dont le but est d’arriver de l’autre coté du ravin le plus vite possible sans tomber.

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Skyward Sword : Marcher sur une corde

Nager, qui est une de mes grandes passions dans Zelda, devient là un véritable supplice ! Moi qui aime tant explorer les profondeurs dans les Zelda, c’est un des éléments qui m’a pourri l’aventure. Link part dans tous les sens, les « turbos tourbillonnants » que l’on peut effectuer pour bondir hors de l’eau sont incontrôlables, même avec une certaine dextérité, il faut s’y reprendre à plusieurs fois. La direction est difficile à tenir et comme à chaque fois, tout le long du jeu, il faut sans cesse recalibrer la wiimote pour que la direction soit correctement prise en compte.

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Zelda Skyward Sword : Nager sous l’eau

Voler dans le ciel sur son oiseau était une bonne idée, mais le contrôle est juste chiant, il faut là encore recalibrer en permanence l’angle de la Wiimote pour diriger son oiseau. Par ailleurs, j’ai trouvé la carte du ciel vraiment très pauvre…

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Zelda Skyward Sword : Voler dans le ciel

La harpe, c’était aussi une belle idée, mais quel dommage de l’avoir fait fonctionner sur un rythme lié au mouvement de la Wiimote ! C’est d’un ennui de jouer de la Harpe ! On attend d’avoir fini la mélodie en balayant horizontalement avec le poignet. Nul quoi.

Le Gameplay m’échauffait le bras, et m’échauffait tout court. Il y a un moment où tu as envie de dire : « Bon STOP ! ça m’amuse plus là, donnez moi un pad que je puisse en finir avec ce jeu ! »

Les graphismes : une bouillie

Question graphisme, ça ne m’a pas trop dérangé au début, mais je n’avais pas mesuré l’importance que ça allait prendre plus tard dans le jeu, et notamment lors des phases d’exploration.

Personnellement, je trouve Skyward Sword moins réussi graphiquement que Twilight Princess. Et cinq ans plus tard, c’est inadmissible ! Je ne sais pas ce que Nintendo a voulu faire, mais ils n’y sont clairement pas arrivé. Je pense qu’ils ont voulu bluffer la faiblesse graphique de la Wii en utilisant une palette de couleurs qui rappelle un peu celle d’un tableau impressionniste. Sauf que l’effet rendu est flou, tout simplement. On dirait que la peinture a bavé. Les couleurs sont ternes, et globalement on se retrouve presque dix ans en arrière.

L’impression de flou s’accentue lorsque l’on regarde au loin. Une chose que j’adore pourtant faire, dans les temples ou dans les nouvelles contrées inexplorées, c’est regarder autour de moi. Pendant le jeu, je marque une pause, et je trip un peu à observer mon environnement et à me demander où aller. Dans Skyward Sword, c’est presque impossible de ne pas y penser. On est sans cesse rappelé à soi-même en se disant « Non mais c’est pas possible, comment ont-ils osé nous pondre un Zelda comme ça en 2012 ? »

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Zelda Skyward Sword

C’est flou, c’est pâlo, c’est moche.

Bien sûr il y a quelques phases qui sont quand même appréciables -certains environnements passent mieux que d’autres- mais dans l’ensemble, le sentiment de liberté procuré par l’exploration prend un vilain coup… Et ça, pour un Zelda, c’est fatal.

Les combats : une galère

De la même manière que lorsqu’on nage, vole, ou regarde autour de soi, lorsqu’on se bat, on doit recalibrer systématiquement la Wiimote. Et c’est d’un chiant ! Clairement les phases de combat souffrent beaucoup du gameplay. Il faut donner des coups dans un certain sens et le « super système Wii Motion Plus » comprend pas toujours forcément. Et puis il faut avouer que, à 2h du mat’ dans ton canap’ t’as pas trop envie de te mettre à faire un grand mouvement d’épée en diagonale… Qu’il fasse du jeu vidéo en mode « manger-bouger » je veux bien, mais pitié épargner les classiques, et ne touchez pas aux légendes !

Avant on avait mal aux doigts quand on jouait. Maintenant on a mal aux bras !!

J’ai toujours pris du plaisir dans les combats des Zelda (sauf dans The Adventure of LINK où j’ai toujours eu un peu de mal) et c’est d’autant plus vrai depuis que Nintendo a inventé le système de LOCK dans Ocarina of Time. Dans tous les Zelda, il y a des combats que l’on aime faire durer. Ces combats sont tellement exceptionnels qu’ils font partie des choses que j’attends avec impatience quand je joue à un nouveau Zelda, car je sais qu’ils vont arriver. Dans Skyward Sword, ce combat qu’on fait durer n’est pas arrivé. La faute au gameplay tellement relou que t’es pressé d’en avoir fini.

Enfin pour finir avec ce paragraphe, j’aimerai ajouter une note sur le combat final : trop simple, pas assez long, pas assez spectaculaire.

L’inventaire : bien pensé mais…

Le système d’inventaire est pas mal, mais la consigne c’est juste pour nous faire chier ou il y avait une utilité ? Non parce que perso j’ai dû déposer et aller chercher des objets à la consigne maximum trois fois dans tout le jeu…

Bon, et acheter des poches supplémentaires pour la sacoche afin de transporter plus d’objets, c’est une bonne idée aussi mais pareil : ça sert à rien… C’est juste mal exploité, mal réfléchis, mal intégré dans l’aventure… Pourquoi ?

Je pense que les mecs ont eu cette idée qui leur est passée par la tête, mais une fois qu’ils l’ont développé, ils ne se sont pas plus attardés dessus. Comment s’inspirer de grands noms du RPG pour améliorer/compléter un titre (qui a pourtant inspiré le genre tout entier), et faire de la merde ? Comme ça : en produisant Skyward Sword

Idem on peut aussi dire que le système pour choisir un objet dans l’inventaire est bien pensé, mais il aurait fallu que la Wii Motion Plus suive. Là, il y a un écart entre la technologie et le jeu. Et ça se fait lourdement sentir, surtout au moment de changer d’arme pendant un combat…

Et en plus ça bug !

A peine une semaine après la sortie du jeu, on apprend qu’il y a un bug dans Skyward Sword qui vous empêcherait de terminer le jeu. Au moment de la quête des Chants du Héros, il faudrait éviter de rencontrer les trois dragons dans certain ordre, sans quoi il deviendrait impossible de terminer le jeu. Super !

Tout le long j’y ai pensé : « Faire gaffe à ne pas me taper le bug. »

Ce bug traduit l’empressement avec lequel Nintendo a sorti le dernier titre de sa licence phare, ce bug traduit aussi à quel point ça développe « à la va vite » en se reposant sur le fait que, s’il y a un bug, on proposera un patch en téléchargement.

Ce bug traduit une perte de qualité, tout simplement.

Mais le scénario est très bon

Le scénario m’a fait plaisir ! Chronologiquement, Skyward Sword se positionne comme le tout début de la saga. Et bien qu’on pourrait mentionner The Minish Cap pour contredire cette position chronologique (l’épisode de la GBA annonce les origines de Link et de son chapeau vert), globalement ça tient bien la route. D’autant plus qu’on sait très bien depuis le début comment ça fonctionne avec Zelda : il n’y a pas vraiment de chronologie établie, c’est à nous de la chercher, et de se faire notre propre idée en changeant les contradictions en mystères. C’est aussi ce qui fait le charme de la saga : le rêve.

Le scénario de Skyward Sword est bien ficelé, tellement bien qu’on sent que cette fois-ci, Nintendo a voulu nous en donner un peu plus.

La fin du jeu est touchante, particulièrement le moment où Zelda demande à Link de la sauver, juste avant qu’elle n’entre dans son sommeil éternel.

Et l’ambiance générale aussi

L’ambiance est là, même si encore une fois on regrette ces couleurs ternes. Forêts, déserts, montagnes, temples, villages, boutiques, tout est là. Sauf la pêche, mais on a mieux : la chasse aux insectes. J’y ai perdu au moins quatre bonnes heures de jeux.

Le jeu est plein d’humour, plein d’énigmes, la durée de vie est très satisfaisante, et comme d’habitude, il y a de nombreuses quêtes annexes.

Certains passages du jeu sont très ingénieux, je pense aux Mines où il faut jouer avec le temps pour se déplacer, j’ai trouvé l’idée très bonne !

Conclusion

Pour tempérer tout cela, je dois dire qu’il y a bien sûr du bon dans ce Zelda, je le conseille car il faut y avoir joué.

Si je donne un avis si négatif, presque méchant sur Skyward Sword (alors que généralement je suis capable d’user de mauvaise foie pour défendre ma saga préférée), c’est avant tout pour montrer la mesure de ma déception. Quand on est un aussi vieux fan que moi, on a le droit de s’attendre à mieux en 2012. C’est tout.

Maintenant c’est reparti pour quelques années d’attente, à espérer que notre prochain Zelda (sur Wii U certainement) soit une merveille d’aventure (en Haute Définition cette fois-ci) au gameplay fluide. Malheureusement sur ce dernier point, j’ai peur que la « Mablette » ne fasse pire que le Wii Motion Plus.

Mais ne parlons pas trop vite…

source photos : jeuxvideo.com