Dans un de mes précédents billets, j’avais évoqué une soirée avec les frères de ma chérie qui ont respectivement 15 ans et 21 ans. Ma femme et moi en avons 29… déjà !

C’était pendant les vacances de noël, après un dîner de famille, nous nous étions retrouvés tous les quatre au salon à discuter pendant quelques heures. Un des sujets que nous avons abordé était Dragon Ball Z.

Ce qui m’a interpellé, c’est qu’à quatre nous représentions tous un profil complètement différent : nous sommes de trois générations différentes, parmi nous il y avait une fille, et pourtant, la conversation était soutenue, pleine de passion, et chacun y allait de son ressenti et de sa propre expérience avec la série.

Je me suis dit que c’était quand même dingue l’engouement que pouvait encore susciter Dragon Ball aujourd’hui !

Alors que j’avais douze ans, je collectionnais les cartes Dragon Ball Z, plus tôt encore je regardais Dragon Ball au Club Dorothée, un rendez-vous immanquable à l’époque. Aujourd’hui, je vais bientôt avoir 30 piges (aïe), j’ai un enfant, et je continue de parler avec autant de passion de cette série avec des gens qui n’étaient même pas nés à l’époque où j’étais déjà fan.

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L'album de cartes Dragon Ball Z (de mon enfance !)

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Une partie de ma collec de Dorothée Magazine consacrés à DBZ

Plus surprenant encore, ils connaissent la série aussi bien que moi, si ce n’est mieux car c’est quand même plus frais dans leur tête.

Le plus jeune est même un spécialiste. Ce soir là, je lui ai montré mon Grand Livre de Dragon Ball via l’article que j’avais publié sur mon blog. Il est monté dans sa chambre et m’a descendu son Dictionnaire de Dragon Ball (un ouvrage magnifique qu’il faut absolument que je me procure) ! Grâce à ce bouquin, il connaît une multitude d’anecdotes sur chaque personnage, sur les moments clés de la série, et même sur des personnages qui ne font qu’une seule apparition au cours de tout le manga. Un jeune homme très intéressant en somme ! 🙂

Pendant la discussion, j’ai pris un certain recul, et je me suis dit que si Akira Toriyama assistait à cette conversation, il serait flatté de voir quatre personnes de trois générations différentes, de l’autre coté du globe, et dont une femme,  en train d’échanger pendant plus d’une heure sur les différents aspects de son manga. Quand on vend du rêve, même si le succès commercial est au rendez-vous, j’imagine que la satisfaction est toujours plus grande de voir le résultat de son art pénétrer encore des années plus tard avec autant de force des personnes si différentes.

C’est cette pensée, que j’ai eue il y a déjà plusieurs mois, qui m’a donnée l’idée d’écrire cet article. J’aurai mis longtemps à le publier, mais le voici.

Pourtant de nombreux éléments auraient pu faire mal vieillir l’Histoire de Son Goku et de ses amis.

Aujourd’hui, DBZ est devenue une licence sur-exploitée, qui a donné naissance à de mauvaises adaptations, à des suites franchement pas terribles, à des films tellement honteux qu’on se demande comment les droits ont été obtenus. Pourtant, Dragon Ball n’en reste pas moins une légende, une référence dans le monde de l’anime japonais, et continue de fasciner les générations d’aujourd’hui !

C’est vrai que les dessins animés de l’époque sont devenus difficilement regardables à cause de ces longueurs qui n’en finissent pas pendant les combats. A cause aussi de ces doublages français vraiment pourris. Certaines voix font plusieurs personnages, il arrive même parfois entre les épisodes que certains protagonistes changent de voix ! Je pense à Krilin notamment, ou même à Son Goku. Ça te pourrit un épisode que Son Goku n’ait pas sa voix habituelle. C’est comme de regarder un film en VF où la voix de Bruce Willis n’est pas sa voix officielle en français… Perso je zappe direct, je peux pas. Il y a des voix comme ça, tu ne peux pas les changer.

Autres éléments qui dessert la VF de Dragon Ball, ce sont ces contradictions entre les épisodes. A croire que les mecs qui doublaient les voix ne se souvenaient plus de ce qu’ils avaient dit la semaine d’avant. Par exemple, le coup des unités de force sur Namek : au moment où Son Goku s’apprête à affronter Ginyu , on voit l’équipe des Forces Spéciales de Freezer halluciner sur Goku qui concentre sa force : « 25.000 unités ! Et ça monte encore ! 30.000 untiés ! C’est incroyable ! 40.000 unités ! »

Episode suivant, nous avons droit au récapitulatif de l’épisode précédent, nous revoyons la scène où les Forces Spéciales observent la force de Son Goku augmenter, et là : « 9000 unités ! 9200 unités, c’est incroyable ! » Quand tu te fais les deux épisodes à la suite… Ça casse le rythme !

Ginyu vs Goku

Ginyu vs Goku

Un autre truc qui m’a toujours saoûlé dans Dragon Ball Z ce sont les contradictions entre les forces des différents personnages. D’où Petit coeur débarque sur Namek plus fort que Son Goku et met une pâté à Freezer ? D’où Végéta éclate le cyborg en une manchette alors que Goku s’est fait rétamer ? Ça c’est relou ! Mais quand j’aime, je m’efforce de faire abstraction -c’est important dans la vie sinon on devient aigris, il faut toujours mettre en valeur le positif par rapport au négatif sinon la vie devient vite moins belle.

Malgré tous ces éléments donc, Dragon Ball Z reste une oeuvre à part. A intervalle de quelques années, je me replonge toujours de nouveau dans le manga, et je me refais l’Histoire en entier.

Mais la question que je me pose est : est-ce que Dragon Ball saura séduire la génération de mon fils ?

Si c’est le cas, ça risque d’être intéressant 🙂