Si nous avons vu dans l’article précédent que désormais la contrefaçon existe dans le domaine des jeux vidéo, non plus en tant que jeu pirate pour tromper le joueur, mais en tant que pièce de collection pour tromper le collectionneur, nous pouvons affirmer que le jeu vidéo a achevé de devenir un objet de collection.

Et c’est bien ce que nous avons cherché à démontrer tout au long de cette analyse : comment, dans quels contextes, et pourquoi les jeux vidéo sont devenus des objets de collection.

Il a été important pour cela de traiter le jeu vidéo en tant qu’objet culturel, car cela nous a permis de mettre en relief les différents mécanismes qui conduisent à créer de nouveaux domaines de collection.

D’ailleurs, depuis que j’ai commencé la rédaction de ce dossier, le jeu vidéo a fait son entrée au Musée d’Art Moderne de New-York, et a vécu sa première vente aux enchères publique à Drouot, ce qui vient renforcer encore la thèse que nous avons étayée ces derniers mois.

Dans ce processus, il y a plus qu’un marché qui est né, il y a un domaine de collection nouveau, et un milieu qui s’est construit : le milieu de la collection de jeux vidéo, composé de son propre système de connaissances, de ses propres codes, profils de collectionneurs différents.

Ce nouveau domaine de collection a évolué très vite et en fonction d’un nombre important de nouveaux collectionneurs sur une courte période ; il a évolué si vite que cela s’est traduit par une subite hausse des prix qui a déplacé la frontière entre le vieux jeu et le jeu de collection.

C’est pourquoi j’ai complété ce dossier en mettant à jour le barème France Retrogaming, afin de proposer un outil abouti permettant d’évaluer, de façon précise et objective, la qualité d’un jeu vidéo en tant qu’objet de collection, en lui attribuant une note.

Car une chose est sûre : même si les jeux en état moyen se vendent de plus en plus chers, le vrai jeu vidéo de collection, dans presque tous les les cas, se révélera dans la qualité de sa condition.

Toutefois, l’avenir du domaine de collection des jeux vidéo est encore flou, car il a été rythmé sur l’attrait croissant du public et des médias pour le retrogaming.

Si j’ai la certitude que le marché va se réguler pour la plupart des titres, quel que soit le support, je sais aussi que certains jeux exceptionnels suivront le même chemin que la bande dessinée et continueront de prendre de la valeur.

Mais l’avenir dépendra tout de même de la réponse à une simple question :

Le succès du retrogaming est il une mode éphémère, ou une prise de conscience collective durable de la valeur culturelle et de l’importance historique des classiques du jeu vidéo ?

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Cet article est la conclusion d’un dossier sur la collection et les collectionneurs de jeux vidéo. Tenez vous informés des prochaines publications en me suivant sur twitter, ou en vous abonnant à la newsletter du blog.